Vous recevez votre facture de chauffage et le montant vous surprend. Ou bien un boîtier programmable flambant neuf trône dans votre salon et vous n’avez jamais osé toucher autre chose que le bouton marche. Dans les deux cas, la même question revient : à combien faut-il vraiment régler cet appareil ? L’ADEME est formelle, chaque degré en plus ou en moins fait varier votre consommation d’environ 7 %. Sur une saison de chauffe facturée autour de 836 euros en moyenne, cela représente une soixantaine d’euros pour un seul degré. Voici les températures à appliquer, pièce par pièce et équipement par équipement.
En résumé
Visez 19 °C dans les pièces à vivre, 16 à 17 °C dans les chambres et 22 °C dans la salle de bain pendant son usage uniquement. Abaissez à 15 ou 16 °C la nuit et pendant vos absences si vous chauffez au gaz, au fioul ou à l’électricité. En revanche, limitez-vous à un ou deux degrés d’écart avec une pompe à chaleur, sous peine de déclencher son appoint électrique et d’annuler le gain espéré. Les robinets thermostatiques affinent ensuite le réglage pièce par pièce, à condition de les laisser grands ouverts dans la pièce qui accueille la sonde d’ambiance.
Quelle température régler sur votre thermostat pièce par pièce ?
Le principe de base tient en une phrase : on ne chauffe pas toutes les pièces de la même façon. La température de consigne doit suivre l’usage réel de chaque espace, pas une valeur unique appliquée à toute la maison. C’est le premier levier d’économie et il ne coûte rien.
Le Code de la construction et de l’habitation, dans ses articles R.111-6 et R.113-29, fixe d’ailleurs une température moyenne de 19 °C maximum dans les logements. Cette valeur sert de référence à toutes les recommandations officielles.
| Pièce | Température conseillée | Remarque |
|---|---|---|
| Salon, salle à manger, bureau | 19 °C | Pièce de référence pour la sonde d’ambiance |
| Cuisine | 17 à 19 °C | Les appareils de cuisson apportent de la chaleur |
| Chambre adulte | 16 à 17 °C | Favorise l’endormissement |
| Chambre de bébé | 18 à 19 °C | Exception à la règle des chambres fraîches |
| Salle de bain | 22 °C pendant l’usage, 17 °C le reste du temps | Relance ponctuelle plutôt que chauffage continu |
| Couloir, buanderie, cellier | 14 à 16 °C | Pièces de passage peu occupées |
| Logement inoccupé plusieurs jours | 12 °C minimum | Position hors gel |
Réglage du thermostat dans les pièces à vivre et la salle de bain
Les 19 °C recommandés dans le salon surprennent souvent ceux qui vivaient jusque-là à 21 ou 22 °C. La différence de ressenti se joue beaucoup sur l’habillement et sur les courants d’air, moins sur le chiffre affiché. Un plaid et une paire de chaussettes compensent largement deux degrés.
La salle de bain mérite un traitement particulier. La chauffer à 22 °C en continu revient à payer une pièce que vous occupez vingt minutes par jour. Programmez une relance courte au moment de la douche et laissez-la à 17 °C le reste du temps.
Réglage du thermostat des chambres et de la consigne de nuit
Une chambre d’adulte se tient autour de 16 à 17 °C. Ce n’est pas une privation, le sommeil profond se déclenche plus facilement dans une pièce fraîche. La chambre d’un nourrisson fait exception et se maintient entre 18 et 19 °C, un bébé régulant mal sa propre température.
La consigne de nuit générale suit la même logique. Descendre l’ensemble du logement à 15 ou 16 °C entre le coucher et le lever représente le gros de l’économie annuelle, à une réserve près que nous verrons dans la section consacrée aux pompes à chaleur.
Combien rapporte un degré de moins sur le réglage du thermostat ?
Les pourcentages ne parlent à personne. Voici donc le calcul en euros, sur une base réelle.
La règle de départ est celle de l’ADEME : un degré représente environ 7 % de consommation. Diminuer le chauffage la nuit et pendant les absences ajoute un gain de 10 à 25 % selon l’inertie du logement.
Le calcul en euros sur une saison de chauffe complète
Prenons une maison dont le chauffage coûte 836 euros par saison, la moyenne nationale constatée. Vous viviez à 21 °C, vous passez à 19 °C. Deux degrés à 7 %, cela fait 14 % de moins, soit environ 117 euros sur la saison. Ajoutez un abaissement nocturne correctement programmé et vous dépassez les 200 euros par an, sans avoir rien acheté.
Le gain varie évidemment selon votre installation. L’ADEME chiffrait à 1 085 euros le chauffage électrique annuel d’une maison contre 433 euros pour un appartement. Un logement de 70 m² chauffé au gaz se situe entre 760 et 1 050 euros par an. Plus votre facture est élevée, plus chaque degré pèse lourd.
Les limites du réglage du thermostat dans un logement mal isolé
Soyons honnêtes sur un point que les articles commerciaux évitent. Dans une maison ancienne mal isolée, la facture dépasse facilement 1 500 euros par saison et le réglage fin ne compensera jamais des murs qui laissent filer la chaleur. Vous gagnerez vos 7 % par degré, mais sur une base structurellement trop haute.
Le calcul vaut aussi pour le matériel. Un modèle connecté coûte généralement entre 150 et 250 euros posé. Sur une facture de chauffage de 400 euros, l’amortissement demande plusieurs années. Sur une facture de 1 200 euros, il se fait en une saison ou deux.
Le réglage du thermostat selon son type : manuel, programmable ou connecté
Tous les appareils ne se règlent pas de la même manière et les possibilités d’économie diffèrent fortement d’une génération à l’autre. Identifier le vôtre est le préalable à tout réglage sérieux.
Réglage d’un thermostat manuel ou mécanique
Le modèle mécanique, dit aussi bimétallique, fonctionne avec une simple molette. Deux métaux soudés se déforment selon la température ambiante et coupent ou relancent le chauffage. Robuste et peu coûteux, il souffre de deux défauts.
Il n’affiche pas la température réelle de la pièce, ce qui pousse à monter la molette par sensation de froid alors que le salon est déjà à 19 °C. Et il n’offre aucune programmation : vous devez penser à baisser vous-même chaque soir et à chaque départ. Si personne ne s’en charge, le chauffage tourne pour rien toute la journée.
Réglage d’un thermostat programmable et de ses plages horaires
C’est ici que se joue la vraie économie. Un modèle programmable permet de définir des périodes de confort et des périodes de ralenti, au demi-degré près sur les versions électroniques.
Une programmation classique chauffe à 19 °C en semaine de 6 h à 8 h puis de 17 h à 22 h, le week-end de 7 h à 22 h, avec un repli à 15 °C le reste du temps. Vérifiez surtout que ces plages collent à vos horaires réels. Inutile de chauffer le mercredi après-midi si la maison est vide, indispensable au contraire si les enfants y sont.
Réglage d’un thermostat connecté et auto-apprentissage
Les modèles connectés apprennent seuls vos habitudes, souvent aidés d’un détecteur de présence. Pendant les premières semaines, utilisez-les comme un appareil manuel : 19 ou 20 °C quand vous êtes là, 15 ou 16 °C la nuit et en cas d’absence.
Attention au piège. L’appareil enregistre ce que vous lui montrez. Si vous prenez l’habitude de descendre à 18 °C seulement la nuit, il retiendra cette valeur et vous surconsommerez durablement. Les premiers jours de paramétrage conditionnent les mois suivants.
Où placer le thermostat pour que le réglage soit juste ?
Un réglage parfait sur un appareil mal placé ne sert à rien. La sonde mesure la température de l’air qui l’entoure. C’est sur cette mesure que la chaudière décide de se relancer ou de s’arrêter.
Les emplacements qui faussent le réglage du thermostat
Évitez toute exposition directe au soleil, qui fait croire à l’appareil que la pièce est chaude et coupe le chauffage trop tôt. Même erreur au-dessus d’un radiateur, d’une cheminée ou d’un téléviseur.
Fuyez également les murs de pignon, toujours plus froids que les cloisons intérieures, ainsi que les zones de courant d’air comme l’entrée ou le couloir donnant sur la porte principale. Dans ces positions, la mesure est systématiquement trop basse et vous chauffez au-delà du nécessaire.
La hauteur et la pièce à privilégier pour un thermostat d’ambiance
La hauteur de référence est d’environ 1,50 m du sol, sur une cloison intérieure, dans une pièce à vivre située plutôt au centre du logement. L’air doit circuler librement autour du boîtier, sans meuble ni rideau qui le masque.
Les modèles sans fil offrent une souplesse supplémentaire puisqu’ils vous suivent. Placez-les dans la pièce réellement occupée à ce moment de la journée, salon le soir, bureau en journée si vous télétravaillez.
Le réglage du thermostat selon votre chauffage : gaz, électrique ou pompe à chaleur
C’est le point sur lequel la plupart des articles se trompent. Les consignes valables pour une chaudière gaz ne sont pas transposables telles quelles à une pompe à chaleur.
Réglage du thermostat sur une chaudière gaz
Avec une chaudière gaz ou fioul, l’abaissement franc est rentable. La montée en température est rapide, la relance ne coûte pas grand-chose et vous pouvez descendre à 15 ou 16 °C la nuit sans arrière-pensée, voire couper totalement si vous relancez suffisamment tôt.
Programmez simplement la remise en route une heure environ avant votre lever, le temps que les radiateurs et les murs restituent la chaleur. C’est sur ce type d’installation que les 10 à 25 % d’économie annoncés se vérifient le mieux.
Réglage du thermostat sur une pompe à chaleur et loi d’eau
Une pompe à chaleur n’aime pas les à-coups. Elle travaille en basse température continue, avec une inertie importante. Une relance brutale au petit matin peut déclencher son appoint électrique. Le surcoût de cet appoint annule les économies de la nuit, parfois au point de consommer davantage qu’un maintien stable. Les constructeurs recommandent donc un abaissement d’un à deux degrés maximum entre 22 h et 6 h, avec une consigne nocturne autour de 18 °C, sans jamais couper complètement.
Avec un plancher chauffant, l’abaissement nocturne perd tout intérêt : l’inertie de la dalle est telle que la baisse arrive quand vous vous levez et que la remontée se termine quand vous partez travailler. Laissez la consigne stable.
Le vrai levier se situe ailleurs, dans la loi d’eau, qui définit la température de départ de l’eau selon la température extérieure. Beaucoup d’installations chauffent l’eau à 50 °C alors que 38 à 40 °C suffiraient au confort, ce qui fait bondir la consommation. Descendez par paliers de deux degrés tous les deux jours jusqu’à trouver le point d’équilibre, un réglage qui pèse bien plus lourd que la consigne d’ambiance dans le prix d’une pompe à chaleur pour une maison de 150 m² ramené à l’usage annuel. Dernier indice utile, si l’appoint électrique se déclenche alors qu’il fait plus de moins cinq degrés dehors, vos paramètres sont à revoir.
Réglage du thermostat de radiateurs électriques et fil pilote
Sur des radiateurs électriques, le pilotage passe généralement par le fil pilote, qui transmet des ordres depuis un programmateur central. Le mode confort applique votre consigne, le mode éco la réduit d’environ 3,5 °C, le mode hors gel la ramène à 7 °C.
Réglez la consigne de confort pièce par pièce selon le tableau donné plus haut, puis laissez le programmateur basculer en éco la nuit et pendant vos absences. Les modèles récents intègrent directement une programmation hebdomadaire et une détection d’ouverture de fenêtre.
Régler les robinets thermostatiques en complément du thermostat d’ambiance
La sonde d’ambiance commande la chaudière pour l’ensemble du logement. Les robinets thermostatiques, eux, limitent l’arrivée d’eau chaude radiateur par radiateur. Les deux se complètent, mais mal coordonnés ils se contredisent.
Correspondance des graduations d’un robinet thermostatique
Les chiffres gravés sur la tête de vanne correspondent à des températures, avec environ quatre degrés d’écart entre chaque position.
| Position | Température visée | Pièce type |
|---|---|---|
| 0 | Vanne fermée | Couloir non chauffé |
| Flocon | Antigel, environ 7 °C | Logement vide |
| 1 | 12 à 14 °C | Chambre inoccupée |
| Lune | Environ 14 °C | Position de ralenti |
| 2 | 16 à 17 °C | Cuisine, chambre |
| 3 | 20 °C | Chambre occupée en journée |
| 4 | 23 à 24 °C | Salle de bain en usage |
| 5 | 28 °C | Pièce équipée de la sonde d’ambiance |
Le réglage des vannes dans la pièce équipée du thermostat
Règle souvent ignorée : dans la pièce où se trouve la sonde d’ambiance, les vannes doivent rester grandes ouvertes sur 5. Aucune surconsommation à craindre, puisque c’est la régulation centrale qui limite la chauffe à la consigne demandée.
Si vous fermez ces vannes, le radiateur cesse de chauffer, la pièce reste froide, la sonde ne voit jamais sa consigne atteinte et la chaudière tourne en continu pour le reste de la maison. Pensez aussi à rouvrir toutes les vannes en été, mécanisme oblige, pour éviter que le pointeau ne se grippe.
Le réglage du thermostat de chauffe-eau de 1 à 5
Le ballon d’eau chaude possède sa propre régulation, indépendante du chauffage. C’est le deuxième poste de la facture énergétique d’un logement, loin devant l’électroménager.
Correspondance des positions 1 à 5 et température de l’eau
La molette se trouve sous un capot, à la base de la cuve, graduée de 1 à 5 ou marquée d’un plus et d’un moins. La position centrale, soit le 3, correspond à environ 55 °C sur la majorité des modèles.
Cette valeur n’est pas arbitraire. En dessous de 50 °C, les légionelles se développent dans le ballon, avec un risque de contamination lors de la douche. En position 5, l’eau devient assez chaude pour brûler un enfant ou une personne âgée au robinet. L’arrêté du 30 novembre 2005 encadre d’ailleurs ces seuils pour les ballons de moins de 400 litres.
Les étapes pour régler le thermostat d’un ballon d’eau chaude
- Coupez l’alimentation au tableau électrique en basculant le disjoncteur du chauffe-eau sur zéro.
- Dévissez le capot situé en partie basse du ballon.
- Repérez la molette graduée et positionnez-la sur 3.
- Refermez le capot et rétablissez l’alimentation.
- Après un cycle de chauffe complet, ouvrez un robinet et contrôlez la température avec un thermomètre.
Comptez plusieurs heures avant que l’ensemble du volume atteigne la nouvelle consigne. Sur un chauffe-eau thermodynamique, l’opération est plus simple puisque la commande est numérique et accessible sans démontage.
Le réglage du thermostat en cas d’absence et hors saison de chauffe
Les absences représentent une part importante du gaspillage, surtout quand elles se répètent chaque semaine.
Réglage du thermostat en mode vacances et hors gel
Pour une absence d’une journée ou d’un week-end, descendez à 15 ou 16 °C. Couper totalement n’apporte rien de plus sur une durée courte, la relance consommant ce que vous avez économisé.
Pour un départ de plusieurs semaines, activez le mode vacances ou fixez la consigne à 12 °C. Vous évitez le gel du circuit et vous facilitez la remontée en température au retour. La position hors gel, symbolisée par un flocon, protège l’installation jusqu’à environ 7 °C.
Réglage du thermostat en été et en mode rafraîchissement
En été, coupez la fonction chauffage de la chaudière tout en conservant la production d’eau chaude. Ouvrez toutes les vannes des radiateurs pour préserver leur mécanisme.
Si votre installation assure aussi le rafraîchissement, réglez la consigne entre 26 et 28 °C. Un écart trop important avec la température extérieure coûte cher et se ressent mal à l’entrée dans la maison.
Les erreurs de réglage du thermostat qui font grimper la facture
Deux réflexes très répandus produisent l’effet inverse de celui recherché.
Ouvrir tous les robinets thermostatiques sur 5 pour chauffer plus vite
C’est l’erreur la plus courante. Pousser toutes les vannes au maximum ne réchauffe pas la pièce plus rapidement, la puissance du radiateur ne changeant pas. Cela ne fait que repousser le seuil auquel il s’arrête, à 28 °C au lieu de 20 °C.
Résultat, vous surchauffez sans vous en apercevoir et vous ouvrez la fenêtre une heure plus tard. La montée en température dépend de la puissance de l’émetteur et de l’isolation, jamais de la position de la molette.
Un réglage jour/nuit avec un écart de température trop important
Passer de 12 °C la nuit à 22 °C au réveil semble économe sur le papier. En pratique, la relance mobilise l’installation à pleine puissance pendant des heures, déclenche l’appoint électrique sur une pompe à chaleur et retarde le confort du matin.
Un écart de deux à quatre degrés entre le régime de confort et le régime de ralenti constitue le bon compromis sur une chaudière. Sur une pompe à chaleur, restez sous les deux degrés.
Questions fréquentes sur le réglage du thermostat
Comment régler son thermostat pour faire des économies ?
Fixez 19 °C dans les pièces de vie, 16 à 17 °C dans les chambres, puis programmez un abaissement à 15 ou 16 °C la nuit et pendant vos absences. Sur une facture de 836 euros par saison, ce simple paramétrage représente environ 200 euros par an.
À quelle température régler le thermostat la nuit ?
Entre 15 et 16 °C avec une chaudière gaz, fioul ou un chauffage électrique. Avec une pompe à chaleur, ne descendez pas en dessous de 18 °C et limitez l’écart à un ou deux degrés pour éviter le déclenchement de l’appoint électrique au petit matin.
Comment savoir si le thermostat d’un radiateur fonctionne correctement ?
Si le radiateur chauffe quelle que soit la position de la vanne, ou s’il reste froid en toutes positions, le pointeau est probablement bloqué. Retirez la tête de vanne et faites jouer la tige d’avant en arrière avec une pince, ou tapotez-la légèrement.
Faut-il baisser le thermostat pour une absence d’une journée ?
Oui, un repli à 15 ou 16 °C reste gagnant sur une journée entière. En revanche, inutile de couper totalement : le surcoût de la relance annule le gain sur une durée aussi courte.
Sur quelle position régler le thermostat d’un chauffe-eau ?
Sur la position 3, soit environ 55 °C. En dessous de 50 °C vous favorisez le développement des légionelles, au-delà vous consommez inutilement, vous accélérez l’entartrage et vous exposez votre foyer à des brûlures au robinet.




