Comment faire un bilan de puissance : méthode de calcul et exemple chiffré

Comment faire un bilan de puissance

Vous refaites votre tableau électrique, vous construisez, ou votre compteur saute systématiquement quand le four et le lave-linge tournent en même temps. Dans les trois cas, la même question arrive : faut-il souscrire 6, 9 ou 12 kVA ? L’erreur se paie dans les deux sens. Trop bas, vous vivez en permanence à la limite avec des coupures à chaque pic d’usage. Trop haut, vous payez 48 euros de plus par an entre 6 et 9 kVA, puis à nouveau 47 euros entre 9 et 12, pour une capacité que vous n’utiliserez jamais. Environ 70 % des foyers français sont en 6 kVA, la grande majorité des autres en 9 kVA, mais ces moyennes ne disent rien de votre logement. Savoir comment faire un bilan de puissance est le seul moyen d’y répondre sérieusement. Voici la méthode complète.

En résumé. Savoir comment faire un bilan de puissance tient en trois gestes : lister tous les appareils électriques de votre logement, additionner leurs puissances nominales, puis à multiplier ce total par un coefficient de simultanéité qui tient compte du fait que vos équipements ne fonctionnent jamais tous ensemble à pleine charge. Le résultat obtenu en kilowatts vous indique le premier palier de puissance souscrite à retenir. Comptez vingt minutes pour un logement standard. Le calcul reste une estimation prudente, que le compteur Linky permet ensuite de vérifier par la mesure réelle.

Sommaire masquer

Qu’est-ce qu’un bilan de puissance électrique ?

À quoi sert un bilan de puissance dans une installation électrique ?

Un bilan de puissance électrique est un inventaire chiffré de tous les récepteurs d’une installation, associé au calcul de la puissance maximale que cette installation doit pouvoir délivrer simultanément. Il répond à une question simple : combien votre logement peut-il appeler de watts en même temps, dans le pire des cas ?

Côté professionnel, ce calcul sert à définir la puissance de la source, qu’il s’agisse d’un transformateur, d’un groupe électrogène ou du branchement, à déterminer les sections de câbles, puis à choisir le calibre des protections. Côté particulier, il sert surtout à opter pour la bonne puissance souscrite auprès de votre fournisseur.

Techniquement, le bilan de puissance est en réalité un bilan de courant. Il correspond à la somme algébrique des courants et des puissances apparentes consommées par chaque récepteur jusqu’à la source. Cette méthode reste approximative comparée au théorème de Boucherot, qui comptabilise séparément puissances actives et réactives, mais elle présente l’avantage de dimensionner l’installation par excès. La précision absolue n’est donc pas recherchée, puisque l’on applique de toute façon des facteurs de correction aux circuits.

Bilan de puissance et bilan énergétique : deux documents à ne pas confondre

La confusion est fréquente, y compris sur des pages bien positionnées dans Google. Un bilan énergétique mesure quant à lui une consommation sur une durée, exprimée en kilowattheures. Elle sert à comprendre où part votre argent. Un bilan de puissance mesure un instant, le pic de sollicitation simultanée, exprimé en kilovoltampères.

Les deux ne servent donc pas du tout à la même chose. Vous pouvez très bien consommer peu sur l’année tout en ayant besoin d’une puissance souscrite élevée, parce que vous cumulez cuisson, chauffage et eau chaude aux mêmes heures. L’inverse est tout aussi vrai.

Le bilan de puissance est-il obligatoire pour un particulier ?

Non. Il faut même le dire clairement, parce que plusieurs articles affirment le contraire. Aucun texte n’impose à un propriétaire de produire un bilan de puissance électrique formel. Ce document n’est en aucun cas nécessaire pour établir votre facture d’électricité. Votre facture repose sur l’index en kilowattheures relevé par le compteur, pas sur un calcul de puissance.

En revanche, le bilan devient incontournable en pratique dans deux situations. En construction neuve, il conditionne le dimensionnement du tableau électrique ainsi que la demande de raccordement. Dans une installation tertiaire ou industrielle, il fait partie intégrante de la note de calcul remise par le bureau d’études.

Dans quels cas réaliser un bilan de puissance ?

Bilan de puissance avant une construction ou une rénovation électrique

C’est le cas le plus évident. En construction neuve, vous partez d’une feuille blanche : le nombre de circuits, la section des câbles, le calibre du disjoncteur de branchement ainsi que la puissance de raccordement découlent tous du bilan de puissance.

En rénovation, le calcul est tout aussi utile même si l’installation existe déjà. Refaire un tableau électrique est l’occasion de recalculer les besoins réels plutôt que de reconduire par défaut une puissance héritée de l’ancien occupant, souvent inadaptée aux usages actuels.

Bilan de puissance avant l’installation d’une borne de recharge ou d’une pompe à chaleur

Ces deux équipements changent radicalement le profil électrique d’un logement. Une borne de recharge de 7 kW peut à elle seule justifier de passer de 6 à 9 ou 12 kVA selon le reste de l’installation. Une pompe à chaleur de 9 kW thermique consomme de son côté environ 3 kW électriques.

Aucun installateur sérieux ne posera ce type d’équipement sans vérifier au préalable que la puissance disponible suit. Si elle ne suit pas, le chantier s’arrête ou l’installation fonctionne mal. Faire le bilan en amont vous évite de découvrir le problème le jour de la pose.

Bilan de puissance après des disjonctions répétées

Si votre compteur coupe régulièrement, deux explications sont possibles : la puissance souscrite est insuffisante, ou un circuit est défectueux. Ce calcul permet de trancher entre les deux avant d’engager des frais.

Un logement dont le bilan ressort à 8 kW alors que l’abonnement est en 6 kVA a un problème de dimensionnement, pas de câblage. Un logement dont le bilan ressort à 4 kW mais qui disjoncte quand même a un problème ailleurs.

Les formules du bilan de puissance en monophasé et en triphasé

Formule du bilan de puissance en monophasé

En monophasé, la puissance apparente se calcule en multipliant la tension simple par l’intensité : S = V x I, exprimée en voltampères. La puissance active correspondante vaut P = V x I x cos φ, en watts. La puissance réactive vaut quant à elle Q = V x I x sin φ, en voltampères réactifs.

Concrètement, un branchement monophasé classique en 230 V protégé par un disjoncteur de 40 A délivre au maximum 230 x 40 = 9 200 VA, soit 9,2 kVA. Attention à ne pas confondre cette limite physique avec le résultat d’un bilan de puissance : c’est le plafond de votre branchement, pas votre besoin.

Formule du bilan de puissance en triphasé

En triphasé, les mêmes puissances s’obtiennent en intégrant la racine carrée de trois, soit environ 1,732 puis en raisonnant sur la tension composée. La puissance apparente devient S = U x I x √3, la puissance active P = U x I x √3 x cos φ ainsi que la puissance réactive Q = U x I x √3 x sin φ.

Un branchement triphasé en 400 V protégé par un disjoncteur de 25 A délivre donc 400 x 25 x 1,732 = 17 321 VA, soit 17,3 kVA. Chez un particulier, la puissance souscrite maximale est plafonnée à 15 kVA en monophasé contre 36 kVA en triphasé.

Puissance active, puissance réactive et puissance apparente

Ces trois grandeurs sont liées par le triangle des puissances, que l’on obtient en appliquant le théorème de Pythagore : S = √(P² + Q²), avec cos φ = P / S, appelé facteur de puissance, ainsi que sin φ = Q / S.

Pourquoi cela vous concerne alors que vous n’êtes pas électricien ? Parce que votre abonnement se souscrit en kVA, c’est-à-dire en puissance apparente, tandis que la plaque signalétique de vos appareils annonce le plus souvent des watts, c’est-à-dire de la puissance active. Pour un logement équipé d’appareils résistifs comme un chauffage ou un chauffe-eau, le facteur de puissance est proche de 1 et les deux valeurs se confondent presque. Pour des moteurs ou de l’électronique, l’écart se creuse, ce qui justifie de raisonner en kVA tout au long du bilan de puissance.

Les coefficients à appliquer dans un bilan de puissance

Le coefficient d’utilisation Ku d’un récepteur

Le facteur d’utilisation traduit le fait qu’un appareil fonctionne rarement en permanence à son régime nominal. La NF C 15-100 retient les valeurs suivantes en l’absence d’indication plus précise.

Type de chargeKu
Éclairage ou chauffage1
Prises de courant, hors indication particulière1
Moteurs0,75

Le coefficient de simultanéité Ks et le coefficient de foisonnement

Le facteur de simultanéité, souvent appelé coefficient de foisonnement, traduit le fait que plusieurs circuits ne sont pas sollicités au même instant. Il s’applique par groupement, éclairage ou prises par exemple, ainsi qu’au niveau des tableaux divisionnaires puis du tableau général.

C’est là que se produit l’erreur la plus répandue, y compris chez des professionnels sur les forums spécialisés : beaucoup pensent que le Ku concerne les charges terminales alors que le Ks ne concernerait que les tableaux. Les deux coefficients se cumulent en réalité à chaque niveau de l’arborescence.

Nombre de circuits d’une armoireKs
2 à 30,9
4 à 50,8
6 à 90,7
10 et plus0,6

Pour les prises de courant, la norme propose une formule dédiée, Ks = 0,1 + 0,9 / n, où n désigne le nombre de prises. Le coefficient descend ainsi progressivement jusqu’à un plancher de 0,10 pour un très grand nombre de circuits, tout en restant à 1,00 pour une prise unique. Dans un immeuble collectif, on applique une autre table, fondée sur le nombre d’abonnés situés en aval : 1 pour 2 à 4 abonnés, 0,78 de 5 à 9, 0,63 de 10 à 19, 0,53 de 20 à 24, puis jusqu’à 0,40 au-delà de 50.

Le facteur de réserve Kr d’une installation électrique

Également appelé facteur d’extension, le Kr anticipe une augmentation future de la puissance absorbée. Il varie de 1,15 à 1,25 selon la marge que vous souhaitez conserver, la valeur retenue en pratique étant généralement 1,25.

L’ensemble se combine dans la formule du courant d’emploi : Ib = In x Ku x Ks x Kr. Pour un particulier, ce facteur de réserve a un sens très concret, puisqu’il correspond à la voiture électrique ou à la climatisation que vous n’avez pas encore mais que vous envisagez.

Comment faire un bilan de puissance étape par étape ?

Dresser l’inventaire des appareils et relever leur puissance nominale

Listez tous les équipements du logement en cinq familles : chauffage, eau chaude, cuisson, électroménager puis usages divers. La puissance nominale figure sur la plaque signalétique de chaque appareil ou dans sa notice. C’est toujours cette valeur qu’il faut privilégier. Le tableau ci-dessous ne sert que de repère pour les équipements dont vous ne retrouvez pas la documentation.

ÉquipementPuissance nominale indicative
Radiateur électrique1 000 à 2 000 W
Chauffe-eau électrique1 500 à 2 500 W
Plaques à induction3 500 à 7 000 W
Four électrique2 000 à 2 500 W
Lave-linge1 800 à 2 500 W
Sèche-linge2 000 à 3 000 W
Lave-vaisselle1 500 à 2 200 W
Pompe à chaleur air-eau1 000 à 5 000 W
Borne de recharge3 700 à 7 400 W
Réfrigérateur, congélateur100 à 300 W
Micro-ondes700 à 1 200 W
Éclairage de l’ensemble du logement200 à 500 W
Informatique, télévision, box200 à 400 W

Calculer la puissance installée totale de l’installation

Multipliez la puissance de chaque appareil par le nombre d’unités, puis additionnez l’ensemble. Vous obtenez la puissance installée brute, celle que vous appelleriez si tous vos équipements démarraient au même instant à pleine charge.

Ce chiffre va vous paraître énorme. C’est normal. Un logement ordinaire dépasse très facilement 15 000 W de puissance installée alors qu’il vit confortablement avec un abonnement de 6 kVA.

Appliquer le coefficient de simultanéité à la puissance installée

C’est l’étape qui transforme un chiffre théorique en besoin réel. Pour un branchement résidentiel, la NF C 14-100 retient un coefficient de 0,60 pour un logement standard. Il monte à 0,80 lorsque le chauffage ainsi que l’eau chaude sont entièrement électriques, puis jusqu’à 1,00 dans le cas rare d’un usage intensif et véritablement simultané, comme un atelier ou un gîte.

Multipliez donc votre puissance brute par le coefficient correspondant à votre profil. Le résultat, exprimé en kilowatts, constitue le cœur de votre calcul.

Choisir le palier de puissance souscrite en kVA

Les paliers disponibles en option Base sont 3, 6, 9, 12, 15, 18, 24, 30 puis 36 kVA. Retenez le premier palier supérieur ou égal à votre puissance ajustée.

Un détail peu connu mérite votre attention. Au tarif réglementé, l’abonnement passe de 190,32 euros par an en 6 kVA à 238,56 euros en 9 kVA, mais le prix du kilowattheure baisse légèrement à partir de 9 kVA, de 0,2001 à 0,1985 euro. Pour un gros consommateur, cette baisse compense une partie du surcoût d’abonnement, ce qui rend l’arbitrage moins défavorable qu’il n’y paraît.

Exemple de bilan de puissance d’une installation électrique

Bilan de puissance d’un appartement de 70 m² chauffé à l’électricité

Prenons un appartement équipé de trois radiateurs électriques, de plaques à induction, d’un four, d’un lave-linge, d’un lave-vaisselle ainsi que des usages courants, l’eau chaude étant produite au gaz.

AppareilPuissance unitaireQuantitéSous-total
Radiateurs électriques1 500 W34 500 W
Plaques à induction4 500 W14 500 W
Four électrique2 500 W12 500 W
Lave-linge2 000 W12 000 W
Lave-vaisselle2 000 W12 000 W
Micro-ondes900 W1900 W
Réfrigérateur150 W1150 W
Éclairage300 W1300 W
Informatique et multimédia290 W1290 W
Puissance installée brute17 140 W
Coefficient de simultanéité appliqué0,6010 284 W
Puissance ajustée10,3 kW
Palier retenu12 kVA

Sans le coefficient, ce logement aurait été dimensionné en 18 kVA. L’abonnement correspondant coûte nettement plus cher chaque année pour une capacité qui ne servira jamais. C’est exactement le mécanisme par lequel naissent les installations surdimensionnées.

Bilan de puissance d’une maison avec pompe à chaleur et borne de recharge

Même exercice sur une maison tout électrique de 110 m² : pompe à chaleur air-eau à 3 000 W électriques, chauffe-eau thermodynamique à 2 000 W, plaques à induction à 5 000 W, four à 2 500 W, lave-linge, sèche-linge, lave-vaisselle, borne de recharge de 7 400 W ainsi que les usages courants.

La puissance installée brute atteint environ 25 000 W.

Le chauffage comme l’eau chaude étant électriques, le coefficient monte à 0,80, ce qui donne 20 kW. Le palier théorique serait donc de 24 kVA, un niveau très inhabituel en résidentiel. En pratique, ce type de configuration se pilote autrement : la borne de recharge est bridée à 3,7 kW ou programmée la nuit, hors des heures de cuisson, ce qui ramène le résultat autour de 14 kW et le palier à 15 kVA. Le bilan ne sert pas seulement à choisir un abonnement, il sert aussi à décider quels usages décaler.

Bilan de puissance d’un pavillon raccordé en triphasé

Beaucoup de pavillons anciens sont raccordés en triphasé sans que leurs propriétaires sachent pourquoi. Le calcul change sur un point : la puissance doit être répartie entre les trois phases, ce qui impose de ventiler les circuits pour éviter qu’une phase supporte à elle seule le chauffage et la cuisson.

Un déséquilibre entre phases provoque des disjonctions alors même que la puissance totale appelée reste inférieure à la puissance souscrite. Sur ce type d’installation, un bilan de puissance circuit par circuit vaut mieux qu’un calcul global. C’est l’un des rares cas résidentiels où l’avis d’un électricien se justifie vraiment.

Vérifier son bilan de puissance avec le compteur Linky

Relever la puissance maximale appelée sur l’écran du compteur

Votre compteur mesure déjà ce que votre bilan de puissance estime. En appuyant plusieurs fois sur le bouton « + », vous atteignez l’écran PUISSANCE MAX, qui affiche la puissance la plus élevée appelée depuis minuit. Notez cette valeur plusieurs jours d’affilée, idéalement en hiver, en faisant tourner volontairement vos gros appareils en même temps.

Deux écrans voisins ne doivent pas être confondus avec celui-ci. PUISSANCE APP indique la puissance appelée à l’instant présent, tandis que PUISSANCE COUP correspond à la puissance maximale autorisée au-delà de laquelle le compteur coupe. Notez enfin que l’affichage se fait en voltampères, donc en puissance apparente, ce qui confirme que ce calcul se raisonne bien en kVA.

Consulter l’historique de puissance sur l’espace client Enedis

Le relevé quotidien reste ponctuel. Pour disposer d’un historique complet, créez un compte sur l’espace client Enedis en ajoutant votre compteur à l’aide du numéro PRM à quatorze chiffres qui figure sur votre facture ainsi que sur l’écran du compteur. Le service est gratuit, sans effet sur votre contrat.

Vous obtenez alors la puissance maximale atteinte mois par mois et jour par jour. Si cette valeur reste durablement en dessous de votre puissance souscrite, vous payez pour une marge inutile. Si elle la frôle régulièrement, votre bilan de puissance électrique théorique était trop optimiste.

Bilan de puissance et conformité de l’installation électrique

NF C 15-100 et NF C 14-100 : quelle norme pour quel bilan de puissance ?

Les deux normes sont citées en permanence comme si elles étaient interchangeables, ce qui n’est pas le cas. La NF C 15-100 régit l’installation intérieure, à partir du disjoncteur de branchement : c’est d’elle que viennent les valeurs de Ku, de Ks par nombre de circuits ainsi que le facteur de réserve. La NF C 14-100 régit le branchement lui-même, entre le réseau public puis votre disjoncteur : c’est d’elle que vient le coefficient résidentiel de 0,60.

En construction neuve, ce dimensionnement devient opposable au moment du contrôle de conformité, puisque l’organisme vérifie la cohérence entre l’installation réalisée, les protections et la puissance de raccordement. Si vous êtes dans ce cas, la lecture de notre guide sur l’attestation de conformité Consuel pour une maison individuelle vous évitera de découvrir trop tard les pièces à fournir. Un dimensionnement propre fait partie des éléments qui rendent ce passage indolore.

Les erreurs de bilan de puissance électrique qui mènent au surdimensionnement

Le constat le plus honnête sur le sujet vient des praticiens eux-mêmes : sur les forums professionnels, des concepteurs expérimentés reconnaissent que l’immense majorité des installations qu’ils ont rencontrées étaient surdimensionnées, parfois largement. La raison tient à une accumulation de marges de prudence appliquées à chaque étape du calcul.

Trois erreurs reviennent systématiquement.

Oublier d’appliquer le coefficient de simultanéité, ce qui gonfle le résultat de 40 % d’un coup. Cumuler un Kr de 1,25 avec un coefficient de simultanéité déjà pessimiste, ce qui revient à prendre deux fois la même marge. Enfin retenir les puissances maximales théoriques des appareils plutôt que celles de leur plaque signalétique.

Gardez aussi en tête ce que dit la norme elle-même : les coefficients publiés sont des valeurs à utiliser en l’absence d’indications précises, leur détermination réelle supposant une connaissance détaillée de l’installation ainsi que de ses conditions d’exploitation. Ce ne sont pas des vérités absolues, mais des points de départ.

Faut-il confier son bilan de puissance à un professionnel ?

Les situations où vous pouvez faire votre bilan de puissance vous-même

Soyons directs : pour un appartement ou une maison aux usages classiques, vous n’avez besoin de personne pour savoir comment faire un bilan de puissance. L’inventaire prend une vingtaine de minutes, le calcul tient en une multiplication, puis le relevé Linky vous donne gratuitement la vérification par la mesure. Payer pour cela n’a aucun sens.

C’est particulièrement vrai si votre objectif se limite à ajuster votre puissance souscrite. Avec un compteur Linky, le changement de palier se fait à distance, sans intervention chez vous, en général sous vingt-quatre heures après votre demande auprès du fournisseur. Le risque d’erreur est faible puisque la décision reste réversible.

Les situations où un électricien ou un bureau d’études s’impose

Le recours à un professionnel se justifie dans quatre cas. Une construction neuve, où le bilan de puissance conditionne le raccordement ainsi que la conformité. Une installation triphasée à équilibrer entre phases. L’ajout d’un équipement lourd comme une borne de recharge ou une pompe à chaleur, l’installateur devant de toute façon valider le dimensionnement. Enfin un local professionnel ou un bâtiment recevant du public, où la méthode complète s’impose.

Comptez de 50 à 200 euros pour un bilan de puissance électrique réalisé par un électricien ou un bureau d’études, selon la complexité de l’installation. Dans les cas listés ci-dessus, cette dépense est rentable. En dehors, elle vous achètera surtout la confirmation d’un calcul que vous saviez déjà faire.

Questions fréquentes sur le bilan de puissance

Comment calculer le coefficient de foisonnement d’un appareil électrique ?

Le coefficient de foisonnement ne se calcule pas appareil par appareil, il se détermine par groupement de circuits. Pour une armoire, on retient 0,9 de 2 à 3 circuits, 0,8 de 4 à 5, 0,7 de 6 à 9, puis 0,6 au-delà de 10 circuits. Pour les prises de courant, la formule 0,1 + 0,9 / n s’applique, n étant le nombre de prises concernées. Pour un logement complet vu du branchement, la valeur usuelle est de 0,60, portée à 0,80 en tout électrique.

Comment calculer le facteur d’utilisation ?

Le facteur d’utilisation Ku exprime le taux d’emploi d’un récepteur par rapport à son régime nominal. Il vaut 1 pour l’éclairage, le chauffage ainsi que les prises de courant, puis 0,75 pour les moteurs en l’absence d’indication particulière du constructeur. Si vous disposez de données précises sur le fonctionnement réel d’une machine, ce sont elles qu’il faut utiliser plutôt que la valeur par défaut.

Comment calculer la puissance active en triphasé ?

La puissance active en triphasé s’obtient par la formule P = U x I x √3 x cos φ, où U désigne la tension composée, généralement 400 V, I l’intensité en ampères et cos φ le facteur de puissance. Pour un récepteur résistif, cos φ vaut environ 1 et la puissance active se confond presque avec la puissance apparente. Pour un moteur, cos φ se situe plutôt entre 0,7 et 0,9, ce qui creuse l’écart entre watts et voltampères.

Combien de temps faut-il pour faire un bilan de puissance ?

Comptez une vingtaine de minutes pour un logement standard, l’essentiel du temps étant consacré au relevé des plaques signalétiques. Le calcul lui-même demande moins de cinq minutes. Si vous vérifiez ensuite votre résultat avec l’écran PUISSANCE MAX du compteur, prévoyez une semaine de relevés pour obtenir une valeur représentative, idéalement pendant la période de chauffe.

Existe-t-il un logiciel de bilan de puissance électrique ?

Oui, plusieurs logiciels professionnels existent pour le calcul des installations basse tension et intègrent le bilan de puissance électrique dans une note de calcul complète, avec dimensionnement des câbles ainsi que des protections. Ces outils s’adressent aux bureaux d’études et supposent une formation. Pour un usage résidentiel, un simple tableur suffit largement : une colonne pour l’appareil, une pour la puissance nominale, une pour la quantité, une pour le sous-total, puis une ligne finale appliquant le coefficient de simultanéité.

Retour en haut